Vus en étude de comportement à domicile, deux chats adultes : W…, Chartreux mâle castré de 4 ans et I…, femelle Ragdoll de 3 ans non stérilisée, tous deux adoptés dans des élevage professionnels. Les deux chats (qui cohabitent paisiblement) vivent dans une maison de ville spacieuse et disposent d’une petite courée où ils éliminent. Ils ne sortent pas de la propriété. Ils vivent avec un couple, sans enfant. Je suis consultée car depuis l’adoption de D…, femelle croisée de chien Rhodésian Ridgeback de 12 mois, les chats ont changé de comportement.

Leur activité générale a diminué. Ils craignent la chienne et la fuient. À l’observation, celle-ci ne se montre pas prédatrice. Elle apparaît surtout curieuse, amicale mais très joueuse. C’est une jeune chienne énergique qui se déplace beaucoup.

W… est le chat qui semble la tolérer le moins mal. Pour se déplacer d’un point A à un point B, il accélère et l’évite en faisant un écart. I… par contre ne bouge quasiment plus. Elle se montre de plus en plus menaçante envers la chienne avant même toute tentative de contact de la part de celle-ci. Elle gronde puis feule à son approche, ce qui inquiète beaucoup le couple car I… est décrite comme une chatte affectueuse, calme et très docile d’habitude.

Au jour de l’étude, aucun contact physique entre D… et les chats n’a pu avoir lieu. W… se sauve et D… le suit davantage qu’elle ne le poursuit. Le souci est que la fuite paranoïaque de W… finit par attirer D… qui ne s’intéressait pas forcément à lui.  Au départ, I… se sauvait aussi mais depuis peu, elle s’immobilise et crache à l’arrivée de D…. Dans ces circonstances, D… observe I… (mais ne la fixe pas), dans une posture de jeu. Une grande incompréhension interspécifique se dégage. 

DIAGNOSTIC POST-ÉTUDE COMPORTEMENTALE

  • Anxiété liée à la peur et à l’altération, par les déplacements de D… et l’arrivée de nouveaux équipements canins, des marques et champs territoriaux invisibles. Les chats ne parviennent plus à se sécuriser et sont contraints de se déplacer au sol compte tenu de l’absence de structures adaptées dans la maison.
  • Inadaptation de la maison (bien que spacieuse) à l’éthologie féline. Les besoins naturels des chats ne sont pas satisfaits.
  • Les menaces d’I… sont des agressions réactives par peur.

THÉRAPIE COMPORTEMENTALE

Elle va consister à aider W… et I… à s’adapter à la présence de D… sans les forcer à quoi que ce soit. Le rapprochement s’effectuera au rythme des chats. Attention, si D… avance trop près d’I…, elle risque l’attaque territoriale. Il faut également éviter la montée en excitation de D… provoquée par le comportement très attractif des chats. 

Du coup :

  • Éviter la fuite des chats OU la poursuite du chien.
  • Habituation par immersion des chats jusqu’à reprise d’un comportement neutre en présence du chien.
  • Utiliser la réorientation des comportements de D… au clicker-training (prise en charge par Cynoconsult en éducation canine). 
  • Isolement territorial des chats avec possibilité d’élimination, d’alimentation et de jeu dans une petite pièce à laquelle D… n’aura pas accès.
  • Allô-marquage artificiel par dépôt des phéromones des chats sur la tête, les pattes et la queue du chien.
  • Apaisement par la réorganisation territoriale : Permettre aux chats de se déplacer en 3D, de voir sans être vus et de reconstruire leurs champs territoriaux en hauteur.
  • Apprentissage empathique possible : jouer avec le chien et le récompenser ostensiblement devant les chats, laissés à jeun. Récompenser les rapprochements des chats à la viande crue en lançant la nourriture.
  • Phytothérapie par Fleurs de Bach.

 

AUDREY VENTURA
Comportementaliste-thérapeute
Éducatrice canin
Valenciennes
06 81 06 55 99

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