Le temps qui passe n’épargne pas nos chiens. Mais comme les humains, tous les chiens ne sont pas égaux face au vieillissement. Sur ce plan, ce sont les choix de santé tout au long de la vie, la qualité de l’alimentation, les conditions de vie de chacun et la génétique qui seront déterminants. Mais ce n’est pas le sujet de cet article. Ici, je souhaite parler du chien qui prend de l’âge – sans doute parce que je suis concernée – et des questions essentielles à se poser pour l’accompagner au mieux dans ce qui est une étape normale de la vie. Le vieillissement n’est pas une maladie, et pour qu’il soit bien vécu par le chien et son gardien, l’acceptation, l’écoute, l’adaptation et la bienveillance sont de mise. Voici quelques conseils…
1 – Adapter l’alimentation pour répondre à des besoins changeants
À mesure qu’un chien vieillit, ses besoins nutritionnels évoluent : métabolisme plus lent, sensibilité digestive accrue, phénomènes inflammatoires réguliers, etc. Une alimentation non inflammatoire est de rigueur. Elle sera adaptée et contrôlée afin de maintenir un poids sain, soutenir le système immunitaire et ralentir les signes liés à l’âge. Des acides gras, oméga-3, antioxydants et nutriments spécifiques, peuvent contribuer à moduler l’inflammation et soutenir la santé générale. Certaines stratégies nutritionnelles qui peuvent être utiles pour la prévention et le traitement des maladies liées à l’âge incluent une supplémentation en acides gras polyinsaturés et en antioxydants qui peuvent aider à moduler l’inflammation et soulager l’arthrose, les maladies rénales, les cancers, etc.
Les acides gras polyinsaturés sont des lipides essentiels pour l’organisme du chien (et le nôtre). Ils participent notamment au bon fonctionnement du cerveau (en luttant contre l’inflammation de celui-ci), à la santé de la peau, du cœur, des articulations et à la modulation de l’inflammation générale du corps — des aspects particulièrement importants chez le chien vieillissant.
On distingue :
LES OMEGA 3
Ils ont des effets reconnus sur l’inflammation, les fonctions cognitives, la santé cardiovasculaire et articulaire.
- Acide alpha-linolénique (ALA)
D’origine végétale.
Précurseur des autres oméga-3 (càd. que l’organisme peut transformer l’ALA en d’autres oméga-3 plus actifs, notamment l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque).
Les ALA sont contenus dans :
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- huile de lin
- huile de colza
- graines de chia
- Acide eicosapentaénoïque (EPA)
D’origine marine.
Effet anti-inflammatoire puissant. Ils sont contenus dans :
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- huile de poisson (krill, saumon, sardine, maquereau, anchois…).
- poissons gras dans le BARF ou Prey model.
- Acide docosahexaénoïque (DHA)
Essentiel au fonctionnement cérébral et à la vision.
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- huile de poisson (krill, sardines, maquereau, etc).
- algues marines comme le schizochytrium.
LES OMEGA 6
Ils participent à la santé de la peau, du pelage et au bon fonctionnement du système immunitaire.
- Acide linoléique (LA)
Acide gras essentiel chez le chien.
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- + huile de tournesol
- + huile de maïs
- + huile de soja
- Acide arachidonique (AA)
Impliqué dans les réponses immunitaires.
- viandes variées.
- abats variés.
- œufs entiers (avec coquille) et crus.
2 – Préserver la santé mentale et cognitive
Le vieillissement peut s’accompagner d’un déclin cognitif (parfois qualifié de « syndrome de dysfonction cognitive canine »), qui influence l’attention, la mémoire ou les interactions sociales. Le SDC est au chien ce que la maladie d’Alzheimer est à l’humain, en quelques sortes. Avec les progrès dans les soins vétérinaires et la reconnaissance croissante des animaux de compagnie comme membres à part entière de la famille, la durée de vie des chiens a augmenté, entraînant une prévalence plus élevée des déclins liés à l’âge, dont le syndrome de dysfonction cognitive. Encore une fois, les acides gras oméga-3 ont montré leurs bienfaits sur la sphère cognitive des chiens vieillissants.
Mais il faut aussi enrichir le quotidien avec des stratégies efficaces qui incluent :
- des jeux adaptés (sans saturation mentale).
- des promenades régulières et variées (sans interruptions ni demandes incessantes).
- de la stimulation sensorielle naturelle et proposée (exploration par l’olfaction et détection tranquilles).
Ces activités stimulent le cerveau et renforcent le dynamisme mental du chien… tout en maintenant du plaisir dans sa vie quotidienne.
3 – Adapter l’environnement et le quotidien
Comme pour nous, vieillir peut signifier une réduction de l’endurance, une sensibilité accrue aux surfaces glissantes ou un début de raideur articulaire.
Quelques idées d’adaptation et de soin :
- proposer des rampes ou marches douces pour faciliter l’accès au canapé ou au jardin.
- porter son chien quand c’est nécessaire (pour les grandes tailles, il existe des harnais de portage pour soutenir le chien quand il monte les escaliers par exemple).
- installer des tapis antidérapants sur les zones lisses.
- offrir des couchages orthopédiques.
- couper régulièrement les griffes qui peuvent gêner la locomotion, modifier la posture du chien et créer des douleurs.
- adapter les rythmes de promenade (plus courts, mais réguliers).
- respecter les temps de repos et de récupération. Un chien senior peut dormir entre 16 et 18 heures par jour en moyenne.
4 – Renforcer la relation, le sentiment d’être préservé.
Le lien affectif que nous partageons avec nos chiens est une composante essentielle de leur bien-être. Les interactions humaines (caresses, jeux doux, paroles rassurantes, respect…) contribuent à réduire le stress et renforcer la sécurisation émotionnelle. Les routines et repères vont s’avérer fondamentaux ici car oui, nos chiens ont conscience que leurs capacités sont diminuées.
Les chiens vieillissants apprécient tout particulièrement :
- la présence calme dans son foyer.
- les habitudes maintenues parce qu’elles sont rassurantes.
- la patience quand les capacités et rythmes changent.
- un repas délicieux, car bien manger réconforte.
Notons que le grand besoin de patience va de paire avec l’acceptation du gardien que son chien prend de l’âge. Ici, le statut du chien dans la famille est important. Un chien vieillissant qui se sait ménagé et aimé n’aura pas la même fin de vie qu’un chien dont les humains considèrent déjà qu’il va mourir et qui envisagent le chien d’après.
5 – Consulter régulièrement un vétérinaire holistique (pour la prévention, l’ostéopathie, l’acupuncture et la nutri-thérapie) et un vétérinaire classique pour les cas d’urgences.
Un bilan vétérinaire au moins deux fois par an permet de détecter précocement des changements de santé — et d’adapter les soins, le régime alimentaire ou les activités en conséquence. Le vétérinaire holistique vous invitera à ralentir voire à stopper les traitements antiparasitaires chimiques sur un chien senior. D’autres voies de prise en charge saines et efficaces vous seront données car l’immunité générale sera toujours privilégiée.
Voir son chien vieillir est un parcours sensible, parfois difficile, mais aussi une formidable opportunité de renforcer le lien avec lui, de faire preuve d’adaptation et de mesurer chaque moment partagé avec encore plus de gratitude. Je vous invite à partager ici vos propres conseils ou expériences qui peuvent aider les personnes qui, comme moi, accompagnent un chien qui prend de l’âge. Si votre chien est suivi par un vétérinaire holistique ou en médecine traditionnelle chinoise, je vous invite à mentionner sa page ou son nom en commentaire. En ce qui me concerne, Scarlet est suivie par le Dr. Sébastien Varet qui se déplace à domicile.
SOURCES
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- Nutrition and Aging in Dogs and Cats, Stockman, 2024,
- Enhancing cognitive functions in aged dogs and cats: a systematic review of enriched diets and nutraceuticals, Blanchard, Eppe, Munier, Delfour, Meynadier, 2025
- Diet, Exercise, Stimulating Environment Helps Old Dogs Learn, National Institute On Aging, janvier 2025