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Dans les premiers temps de l’adoption d’un chien adulte

Notre perception et notre ressenti des évènements ne sont pas les mêmes que ceux du chien domestique que nous venons d’adopter. Pour que l’intégration dans notre foyer se déroule au mieux, il convient d’essayer de nous mettre à sa place. Le chien est un animal sensible et doté d’une mémoire à long terme, rappelons-le. Il est le résultat de sa génétique mais aussi de son histoire. Comme nous, c’est un être pétri d’émotions et de souvenirs, emmené par des humeurs qui lui ont forgé une personnalité et un tempérament. Selon son âge, il a déjà vécu pas mal d’expériences et nous n’en faisons pas partie. En somme, à l’échelle de sa vie, nous venons tout juste d’arriver. Avec nuance et raison, revenons sur nos exigences. 

La période est critique pour lui alors qu’elle est une fête pour nous : premier décalage. 

Le chien que nous venons d’accueillir chez nous a subi un traumatisme : la rupture d’attachement avec ses humains, son premier foyer. Parfois, c’est malheureusement un chien qui a vécu plusieurs abandons successifs, et pour couronner le tout, dans des conditions éprouvantes (mise à l’attache en forêt, abandon sur la voie publique, errance de plusieurs jours, dénutrition, coups et blessures, etc.). Selon son âge et sa personnalité, il lui faudra plus ou moins de temps pour pour se lier à nouveau à des humains, les considérer comme sa famille. Cela ne va pas de soi et ce n’est pas contre nous. Mais l’abandon laisse des traces quand on est un être attaché. Alors, laissons-lui le temps de découvrir que nous souhaitons nous occuper de lui sans l’envahir ni le brusquer.

Tous ses repères viennent de voler en éclat. Les odeurs qu’il connaissait et le sécurisaient, les voix qu’il entendait et reconnaissait les yeux fermés, les habitudes qui rythmaient ses journées, les êtres malveillants qui l’entouraient et qu’il aimait quand même. 

Tout lui est étranger alors que pour nous, c’est déjà notre chien : deuxième décalage. 

Voilà pourquoi dans les premières semaines, nous allons le laisser tranquille et nous contenter de balades en longe de dix mètres, sans rien exiger d’autre de lui. Notre seule préoccupation restera son bien-être émotionnel, physique et physiologique. Pour l’extérieur, mieux vaut l’attacher en longe car notre chien a encore en mémoire son ancien foyer. Il pourrait vouloir le retrouver et donc, tenter de se sauver. Acceptons que dans les premiers temps, un chien domestique, même victime de violence, voudra comme un enfant retourner vers le parent maltraitant. Nous l’aiderons beaucoup sur le plan émotionnel et affectif si nous comprenons sincèrement que pour lui, la situation n’est pas forcément positive. Lui demander d’être reconnaissant envers nous et de nous obéir sous prétexte que nous l’avons sorti d’un refuge est impossible. De son point de vue, il n’a rien demandé et il peut ne pas comprendre ce qu’il fait chez nous, et ce que nous lui voulons. L’attachement, la confiance et la gratitude se construisent avec le temps grâce à une relation bâtie sur la compréhension, la patience et le respect.

VOICI QUELQUES CONSEILS GÉNÉRAUX

Offrons-lui d’abord une balade en longe et en pleine nature avant de le ramener chez nous. Annonçons-lui la couleur tout de suite : la balade sera agréable, paisible, pleine d’odeurs. 

Arrivés à la maison, permettons au chien de découvrir d’abord son nouveau jardin, tranquillement. Ne le suivons pas. Laissons-le explorer et marquer. Préalablement, nous aurons pensé à y placer une niche confortable avec des couvertures et de la mastication ludique et alimentaire. Veillons sur lui de loin mais laissons-le faire connaissance avec ce nouvel endroit. Une fois détendu, montrons-lui qu’il peut rentrer dans la maison s’il le souhaite, sans l’appeler, sans insister. S’il ne veut pas venir, laissons-le puisque nous avons pourvu à son confort grâce à la niche. Il rentrera quand il se sentira prêt pour ça. À cet instant, soyons cohérents et ne lui ouvrons pas les portes des pièces que nous souhaitons garder pour nous. Pensons à lui indiquer les pièces une par une, voire une par jour, surtout si la maison est grande. Nous allons l’aider progressivement à prendre ses repères. Rappelons-nous que ce chien passe peut-être d’un box dans lequel il a vécu pendant des mois à nos grands espaces ouverts… Ce grand écart est de nature à l’inquiéter. 

Le premier repas (léger) sera pris le soir, voire le lendemain matin, une fois le chien à l’aise (ou au moins plus détendu). Il s’agit d’éviter de le rendre malade à cause du stress émotionnel. Ne soyons pas pressés de le nourrir (un écueil très courant). L’acte de nourrir l’animal que nous venons d’accueillir est fort de sens. Nous nous montrons souvent empressés. Évitons que le chien fraîchement arrivé passe sa première nuit chez nous à vomir. 

Limitons les interactions avec lui au départ afin de ne pas le fatiguer ou lui faire peur. Si nous avons des enfants, il faudra leur expliquer bien en amont que leur chien a besoin de se reposer. Ce chien adulte que nous adoptons ne connaît pas notre progéniture, il ne l’aime ni la déteste particulièrement. Il a besoin de faire sa connaissance et d’apprendre à l’apprécier. Pour cela, nos enfants devront aménager de l’espace autour de lui, et nous parents, devrons les surveiller. Trop de chiens adultes enfin adoptés repartent immédiatement en refuge à cause d’un geste malheureux causé par un manque d’encadrement des enfants. 

Une fois chez nous, le chien adopté aura besoin de s’habituer à tout. Si « tout » lui est montré tout de suite, il pourrait avoir du mal à s’adapter et se sensibiliser de manière aversive (à nos enfants, nos autres animaux, nos amis, nos voisins, nos proches…). Si un autre chien vit dans la maison, la rencontre aura lieu lors de la longue balade préalable à l’entrée dans le foyer. Un espace solitaire respectif leur sera aménagé. Les deux chiens ne doivent rien partager au départ, et surtout pas leur couche, leurs gamelles, leurs jouets. Il ne faudra pas les laisser seuls. Les autres animaux seront présentés au fur et à mesure. Ne les obligeons pas à interagir au risque que le rapprochement n’ait jamais lieu. Aménageons toutes les commodités hors de la portée du chien pour que (par exemple) le chat n’ait pas à le subir. 

Le chien adulte fraîchement adopté a besoin d’être rassuré mais cela ne passe pas par des caresses ou un flot de paroles, ni par des jeux, ni en le laissant tout faire. La base sécuritaire impose de l’aider à créer un ancrage positif chez nous, de lui offrir un cadre calme et rassurant, des règles simples et justes, un espace où il ne sent surtout pas menacé (par nos enfants, nos autres chiens, chats, amis…). Ainsi, dans les premiers temps, nous éviterons d’organiser une fête à la maison. 

Les premières nuits peuvent être pénibles pour le chien de refuge. Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines – des mois pour certains), il dort dans un endroit exigu et fermé auquel il a fini par s’habituer. Le laisser seul dans un lieu inconnu (surtout dans une grande pièce) peut se révéler terrifiant. Si nous n’avons pas l’intention de dormir dans la chambre avec lui plus tard, nous pouvons passer les premières nuit dans le canapé et lui, sur une couche confortable près de nous. Il sentira notre présence. Il saura qu’il n’est pas seul. La couche sera éloignée au fur et à mesure des nuits. S’il pleure, rassurons-le calmement en lui parlant. Il comprendra qu’il peut compter sur nous. Pensons aussi à lui offrir un doudou ou un jouet à lécher. Si nous avons décidé de dormir avec notre chien dans la chambre ou dans le couloir du haut, allons-y et ne laissons personne nous convaincre que c’est une mauvaise chose. Sachons quand même qu’une fois l’habitude prise, le retour en arrière sera difficilement envisageable. 

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(mensuelle)

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