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15 erreurs humaines fréquentes qui créent la réactivité

Voici les erreurs qui dirigent souvent les chiens vers la réactivité, sachant qu’un chien “réactif” n’est pas forcément un chien qui veut “agresser”. Est dit “réactif” un chien qui sur-réagit dans des situations objectivement banales du quotidien. 

1) “Dès que mon chiot arrive chez moi, je le sors partout, là où il y a du monde pour qu’il s’habitue parce que j’ai lu que c’est nécessaire à sa socialisation”. 

FAUX. 

Sur un plan neurologique le chiot ne peut pas traiter autant d’informations. Ce trop-plein de stimulations le stresse, l’excite, le fatigue et ces expériences aversives, il les retiendra et se construira avec elles. Ce n’est pas une question de point de vue. C’est un fait scientifique. 

2) “Pour que mon chien soit sociable, je lui impose plein de rencontres, de croisements rapprochés en laisse ou en liberté car le chien est un animal sociable qui a besoin de rencontrer de nouveaux chiens tous les jours”. 

FAUX. 

C’est justement parce qu’il est sociable que le chien n’apprécie pas d’être contraint de socialiser avec des chiens qu’il ne connaît pas à chaque balade. La socialité d’un être vivant émotif et intelligent est toujours sélective, et c’est normal. Cette croyance humaine est la première cause des agressivités congénères. 

3) “Pour éduquer mon chien, je dois lui faire exécuter des exercices tous les jours, à la maison et en balade. Ainsi, il apprend à obéir dans le jeu.” 

FAUX. 

Les chiens éduqués à obéir dès leur plus jeune âge développent une incapacité à prendre des décisions calmes et réfléchies. Il faut tout leur dire, et la maîtrise de leurs émotions passe à la trappe. Un chien qui ne vit pas ses émotions sereinement devient agité, excité et/ou agressif. L’obéissance est l’une des premières causes de réactivité. 

4) “Pour que mon chien soit heureux, je le laisse faire tout ce qu’il veut. Il est libre en balade d’aller vers qui il choisit parce que, comme le chien n’a plus aucun droit dans la société, alors moi, je lui rends du pouvoir pour qu’il devienne un adulte sans frustration “. 

FAUX. 

Aucun jeune chien laissé en roue libre dans l’environnement extérieur ne devient un adulte équilibré. Si un chien constate que son humain.e le laisse faire absolument tout ce qui lui passe par la tête, il acquiert aussi la conviction que ce qu’il fait lui est bien égal. Ce n’est pas terrible sur un plan relationnel. Bien des réactivités sont liées au refus de toute forme de frustration et à une relation peu rassurante. 

5) “Pour que mon chien soit toujours content, je vais tout rendre super positif : les enfants, les adultes, les chiens, les voitures, les vélos, l’herbe, les arbres, renifler, uriner, respirer, manger… et exagérer ma joie en lui parlant sur un ton très aigu afin qu’il comprenne que tout ça, ce n’est que du bonheur”. 

FAUX. 

Cette manière d’interagir avec le chien est trop stimulante et peu naturelle. Elle l’excite et ancre chez lui une agitation pénible face à des choses tout à fait banales de la vie. Ces chiens deviennent souvent réactifs : ce sont ceux que l’on décrit comme « hyper sociables » mais qui finissent par devoir être rééduqués en raison de leur agitation et de leur besoin d’aller à la rencontre de tout. Il s’agit de cultiver l’expérience neutre, celle qui ancre le calme et permet au chien de ressentir des émotions qui lui appartiennent vraiment, pas celles de son humaine.e reproduites par mimétisme. 

6) “Pour que mon chien ne s’ennuie pas à la maison, je vais lui donner beaucoup d’occupation, surtout avant de dormir, afin qu’il glisse doucement vers le sommeil”. 

FAUX. 

Les jouets n’aident pas le chiot à trouver le sommeil, au contraire. Un chiot trop occupé est un chiot qui aura du mal à se poser et à s’endormir. L’anticipation du moment de dormir, le calme, le chuchotement et l’arrêt de toute activité, oui, assurément. 

7) “Pour que mon chien devienne vraiment sociable, je dois corriger immédiatement chaque grognement ou signe d’inconfort afin qu’il comprenne que ce comportement est interdit”.

FAUX. 

Punir les signaux émotionnels d’inconfort ne supprime pas l’émotion qui les provoque. Un chien qui n’a plus le droit d’exprimer son malaise devient plus imprévisible et dangereux. La communication du chien est précieuse : elle lui permet justement d’intervenir avant la surcharge émotionnelle.

8) “Mon chien doit apprendre à gérer toutes les situations de la vie quotidienne. Donc quand quelque chose lui fait peur, je reste longtemps devant le stresseur, c’est ainsi qu’il s’y habituera”.

FAUX. 

L’exposition forcée ne fabriquera jamais un chien courageux. Apprendre à accueillir sereinement une émotion demande au contraire de respecter les seuils émotionnels du chien et de lui permettre de retrouver un état de sécurité avant d’être à nouveau confronté à la difficulté. 

9) “Quand mon chien s’excite ou aboie, je dois parler beaucoup, répéter son nom, donner des ordres et tenter de détourner son attention en permanence”.

FAUX. 

Le flot de paroles en continue augmente l’agitation du chien. Dans les situations trop émotionnelles, beaucoup de chiens ne sont plus capables de traiter correctement les demandes. Plus on parle, plus on ajoute de stimulation cognitive à un cerveau déjà saturé. Le calme relationnel, la distance et la lenteur sont bien plus efficaces que les mots.

10) “Pour qu’il se dépense vraiment, mon chien doit courir, jouer à la balle ou faire des activités intenses”.

FAUX. 

Un chien constamment stimulé physiquement devient souvent un chien de plus en plus difficile à apaiser. L’endurance physique augmente… mais l’excitation aussi. Beaucoup de chiens “infatigables” sont en réalité des chiens qui ne savent plus redescendre émotionnellement. Le repos, la mastication calme, les explorations lentes et le sommeil sont des besoins biologiques tout aussi importants que l’activité physique.

11) “Je dois empêcher mon chien de renifler en balade car il doit marcher correctement et rester concentré sur moi”.

FAUX. 

Explorer et renifler sont des activités essentielles à l’équilibre émotionnel du chien. Cela lui permet de récolter des informations, de se rassurer et de faire redescendre la pression émotionnelle. Une balade où le chien ne peut ni observer ni explorer devient souvent frustrante et excitante. Beaucoup de comportements dits “désobéissants” disparaissent lorsque les besoins d’exploration sont respectés. 

12) “Mon chien doit voir beaucoup de choses différentes chaque jour pour être bien dans ses pattes”.

FAUX. 

Le cerveau du chien a besoin de répétition, de prévisibilité et de sécurité pour construire des repères stables. Multiplier les nouveautés en permanence chez un jeune chien peut créer un état de vigilance chronique, des chiens dont on dira « il a un problème avec la nouveauté ». Un chien équilibré est un chien qui a appris à se sentir en sécurité dans son quotidien. 

13) “Quand deux chiens se fixent ou se tendent, il faut les laisser régler ça entre eux”.

FAUX. 

Tous les chiens ne possèdent pas les compétences sociales nécessaires pour désamorcer une tension. Attendre “que ça passe tout seul” peut conduire à une escalade émotionnelle ou à une très mauvaise expérience durable. Prévenir calmement un conflit est souvent bien plus bénéfique que d’attendre qu’il éclate.

14) “Si mon chien tire vers les gens ou les autres chiens, c’est qu’il est sociable et aime tout le monde”.

FAUX. 

Un chien qui veut aller vers tout le monde n’est pas forcément un chien équilibré. La frustration, le besoin de tout contrôler par anxiété, le stress émotionnel à la vue d’une nouvelle personne, etc. peuvent générer ce besoin d’aller vers les humains/chiens croisés. Un chien réellement détendu dans son environnement ne ressent pas ce besoin. 

15) “Pour qu’il soit autonome, je dois souvent ignorer mon chien afin qu’il apprenne à se débrouiller seul émotionnellement”.

FAUX. 

La sécurité affective favorise l’autonomie, pas l’ignorance. Un chien qui se sent soutenu, compris et protégé développe davantage de stabilité émotionnelle et de confiance en lui qu’un chien laissé seul face à ses difficultés. L’autonomie émotionnelle ne naît pas de l’abandon relationnel mais d’un attachement sécurisant. 

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(mensuelle)

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