Pour le chien adulte, qu’il ait des difficultés émotionnelles ou non, pour le chiot (quel que soit son âge), pour tout être vivant (vous, moi, nos enfants)… l’observation est essentielle d’un point de vue neurologique.
Dans l’autorégulation comportementale, celle qui signifie que le chien est parvenu seul à accueillir une émotion forte et à la dépasser, l’analyse du « stresseur » par son observation se doit d’être ININTERROMPUE.
Par conséquent, tout ce qui consiste à « détourner » son chien, à le « réorienter » ou à lui donner des commandes du style « look » ou « check » ou « regarde moi »… présente très peu d’intérêt à long terme. À court terme, cette technique peut nous sortir d’une mauvaise passe à l’instant T. Elle pourrait se révéler nécessaire de temps en temps (en cas de surprise ou quand il est vraiment impossible de faire autrement). Mais à long terme, ces injonctions ancrent le chien dans son incapacité personnelle à évaluer si le « stresseur » est véritablement une menace.
Car tous les chiens agressifs ou fuyants ont, sans exception, une faille dans l’évaluation de la menace. Or, il s’agit d’une phase essentielle d’un point de vue neurologique (et éthologique). Pour qu’un chien apprenne qu’un « stresseur » n’est finalement pas dangereux, l’amygdale, l’hippocampe et le cortex préfrontal doivent pouvoir traiter l’information jusqu’au bout.
En somme, détourner son chien représente un obstacle majeur à son habituation progressive.
Pourquoi les chiens ont-ils de plus en plus de mal à évaluer la menace ?
À cause de l’obéissance, des distances réduites de croisement, des trajectoires frontales, de la vitesse de rapprochement, de l’ignorance humaine de la proxémique de chaque chien, et de l’éthologie canine.
Si cette phase cruciale d’observation, d’analyse et d’évaluation n’est pas réinstallée, avec patience et finesse, le chien devra être maintenu dans le contrôle humain avec des commandes répétées qui, rapidement, ne suffiront plus.
Le désengagement du chien doit venir de lui, après cette phase indispensable où il détermine s’il y a réellement danger.
Le désengagement ne doit pas être provoqué par les injonctions humaines.
C’est le secret du progrès.
Lorsqu’un chien :
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- 1 -> Observe le « stresseur ».
- 2 -> Recueille des informations.
- 3 -> Conclut lui-même qu’il n’y a pas de danger.
- 4 -> Détourne spontanément son attention…
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… on observe l’aboutissement du processus d’évaluation.
Ce désengagement autonome est un indicateur de régulation émotionnelle. Il suggère que l’information a été traitée jusqu’à son terme et que le cerveau du chien estime que son attention peut être ré-employée ailleurs.
Pour qu’un chien apprenne qu’un « stresseur » n’est pas menaçant, son cerveau doit pouvoir l’observer suffisamment longtemps pour l’analyser, le comparer à ses expériences passées et mettre à jour son évaluation du danger. Lorsqu’on détourne systématiquement son attention avant la fin de ce processus, on obtient parfois un meilleur contrôle comportemental à court terme, mais pas de modification durable de l’état émotionnel.
Le véritable progrès apparaît lorsque le chien choisit lui-même de se désengager après avoir conclu, grâce à son propre traitement de l’information, qu’il n’y a pas de menace réelle.