La maison est parsemée de jouets, mais il s’ennuie…

Le sol est parsemé de jouets en tous genres mais votre chien ne joue avec rien. Il vous demande constamment des interactions et montre des difficultés à se poser.
Si vous relisez cette phrase, vous observerez peut-être que les causes de vos difficultés se trouvent dans la situation décrite.

Le sol est parsemé de jouets

Il est très répandu de répondre à l’ennui de son chien par l’abondance de jouets qu’on lui propose.

Mais un peu comme avec l’enfant, on constatera que passée la première fois (où le jouet est nouveau), le chien ne s’y intéressera pas. Il rejoindra les autres, laissés au sol, déplacés de temps en temps sans grande conviction.

Et c’est normal parce qu’ici on a confondu « occupation » et « jouet » et aussi, on n’a pas compris que ce qui est constamment disponible peu vite perdre de son intérêt. Une occupation digne de ce nom se doit de rester motivante. Pour cela, elle devrait permettre de « faire », « d’accomplir ».

Il demande constamment des interactions

Le chien ne peut socialement jouer seul. Ici, on confond encore « jouer » et « faire ». Le chien peut avoir des activités solitaires, mais cela ne signifie pas qu’il « joue » avec lui-même.

Un chien ne jouera donc pas seul, par contre il « fera » ou « imaginera » beaucoup de choses seul comme « enterrer une peluche en peau de lapin pour faire comme s’il s’agissait d’une proie » ou « harceler un jouet en aboyant sur lui » comme s’il était vivant. Ici le chien ne joue pas vraiment, il « accomplit » des actions très précises qui satisfont ses patrons moteurs.

Cet amalgame entre « jouer » et « faire » est problématique car il peut créer des problèmes d’autonomie.

En effet, un chien peut mastiquer seul (une peau séchée, une oreille de porc, etc.) mais sa balle, il viendra évidemment vous l’apporter pour que vous fassiez ce que vous lui avez appris : la lui lancer pour qu’il aille la chercher. Ce n’est pas un problème en soi si la séquence est courte et que votre chien sait faire autre chose pour s’occuper. La difficulté commence réellement quand le chien apprend très tôt qu’à la maison c’est de cette façon qu’on interagit pour ne pas s’ennuyer. En somme vous devenez sans le savoir une source de divertissement pour lui au lieu de lui enseigner l’autonomie.

Il montre des difficultés à se poser

C’est une conséquence possible du manque d’autonomie et le signe que le chien a appris à rechercher systématiquement l’interaction humaine dès qu’il ne sait plus quoi faire.

  • « Il me suit partout ».
  • « Il veut toujours jouer avec moi ».
  • « Il ne s’intéresse pas à ses jouets ».
  • « Je n’ai pas le droit d’être occupée ».
  • « Il tourne en rond ».
  • Etc.

Mais si votre chien croit qu’à la maison vous existez pour le divertir, si son éducation n’a pas enseigné que le foyer est un lieu de sécurisation, de repas, d’affection, d’interactions calmes et de jeux exceptionnels, s’il est entouré de dizaines de jouets inutiles qui le renvoient tous à l’interaction avec vous, votre jeune chien n’est pas dans les meilleurs dispositions pour apprendre à s’occuper seul et à aimer se poser tranquillement chez lui.

Il est important d’agir car c’est une difficulté qui semble anodine mais qui peut engendrer des hyperactivités totalement artificielles, c’est-à-dire une agitation chronique et des comportements d’excitation qui finissent par donner l’impression d’un chien hyperactif.

ALORS QUE FAIRE ?
  • On range les jouets et on s’habitue à ne les sortir à des moments exceptionnels où l’on est disponible, sur une courte durée, de préférence dans le jardin, et surtout, on annonce au chien quand le jeu est terminé en disant « c’est tout » et en rangeant les jouets.
  • Un ou deux jouets pourront rester à sa disposition (tout nouveaux, neutres de toute association) qu’on ne touchera pas et qu’il identifiera comme ceux qu’il saisit quand ses émotions l’emportent. Exemple : on sonne, il ramasse son jouet et le secoue. Ici, ce n’est pas un jouet interactif mais un objet de décharge émotionnelle qui lui permet de s’autoréguler.
  • On propose quotidiennement de la mastication et/ou du léchage de qualité et adapté. Cette activité comblera les besoins de préhension par la gueule et participera à développer l’autonomie dans le sens « ne pas systématiquement solliciter l’humain pour s’occuper ».
  • On continue évidemment de se promener avec son chien, un vrai moment de rencontre et d’interaction de qualité, hors du foyer.

Enfin gardez à l’esprit que le coeur du problème n’est pas forcément que le chien a plein de jouets, c’est surtout qu’inconsciemment, on lui a appris que « ne rien faire » n’existe pas, et que toute période d’inactivité doit être immédiatement remplie. Car disons-le, certains chiens peuvent vivre avec beaucoup de jouets, et ne pas tourner en rond ni vouloir constamment interagir avec leurs gardiens à la maison. Ne rien faire est une compétence qui s’apprend 😉

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(mensuelle)

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