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Les premières nuits…

QUE VIT LE CHIOT LES PREMIÈRES NUITS ? 

COMMENT L’AIDER AU MIEUX ?

METTONS-NOUS À LA PLACE DU CHIOT…

Entre 8 semaines (adoption prématurée) et 10 semaines d’âge (adoption conseillée), le chiot quitte un environnement où il dormait blotti contre sa mère et ses frères/sœurs. Ces contacts physiques et sociaux faisaient partie de son régulateur émotionnel naturel. La rassurance était maximale.

Mais lorsqu’il arrive dans son nouveau foyer, tous ses repères olfactifs et sociaux disparaissent. Le changement d’environnement provoque beaucoup d’inconfort, de la désorientation et souvent des pleurs durant les premières nuits. Cette angoisse est la conséquence normale et naturelle du sentiment de perte et d’abandon. Elle n’est pas un caprice.

Certains chiots vont l’exprimer en cherchant à rester proche de cette nouvelle figure d’attachement qu’il n’a pas choisie : l’adoptant. Il va vite comprendre (car c’est un réflexe de survie) qu’il doit s’attacher à lui. Le chiot domestique n’a pas le choix de l’attachement. Sans lui, il mourra. Dès lors, la question cruciale est : « Quelle sera la nature de l’attachement que l’adoptant va engager ? ».

QUE DIT LA SCIENCE ?

Les études démontrent que les conditions du sommeil dans les premières semaines de vie jouent un rôle essentiel dans le développement des conduites (mentales) et comportements (physiques) liés à la séparation. Un chiot n’ayant connu que des expériences sécurisantes dans un espace sûr, et des périodes de sommeil régulières et ininterrompues présente nettement moins de risques de développer des troubles liés à la séparation.

Les espèces sociales (chiens, chats, singes, humains…) partagent des réactions comportementales autour de l’attachement et de la séparation. La théorie de l’attachement développée par John Bowlby* montre que le nourrissons a aussi une motivation innée à maintenir la proximité avec ses figures d’attachement. Sa capacité à se sentir en sécurité dépend de la réponse sensible et cohérente de ses parents. L’attachement sert de base sécurisante pour explorer le monde ultérieurement. Chez les bébés, les interactions nocturnes sensibles (comme rassurer quand ils pleurent) sont associées à une meilleure qualité d’attachement plus tard. Chez l’humain comme chez le chien, l’angoisse de séparation fait donc partie du développement normal. Avant de pouvoir se détacher, l’être fragile va s’opposer au détachement. Puis, progressivement, l’accepter si – et seulement si – la figure de sécurisation se montre disponible, rassurante, présente.

QUE DISENT LES PROFESSIONNELS ?

C’est la raison pour laquelle de nombreux professionnels modernes axés sur la relation homme-chien recommandent aux adoptants de laisser le chiot dormir dans leur chambre, ou de partager le salon avec lui les premières nuits. Cette proximité permet au chiot d’entendre les respirations et de sentir l’odeur de ses gardiens, ce qui le rassure énormément. Il est alors préconisé d’adopter une présence proche mais non interactive. Il ne s’agit pas de se lever ou de jouer ou de tomber dans l’effusion affective : une parole ou un toucher (ou parfois le simple fait de bouger dans le lit) suffit souvent à sécuriser le chiot : il entend et sent qu’il n’est pas seul.

QUE FAUT-IL COMPRENDRE ?

L’idée est d’apprendre progressivement l’autonomie en créant une transition douce vers l’indépendance (toute relative puisque, contrairement à l’enfant qui grandit, le chien adulte ne sera jamais indépendant).

Le conseil est de déplacer le couchage progressivement vers son emplacement définitif, et de trouver le juste milieu entre la réponse précipitée au moindre pleur et l’ignorance totale.

Le chiot et l’enfant vont sécuriser leur relation en voulant rester très proches au départ, puis apprendre à gérer des périodes de solitude et finir par s’éloigner d’eux-mêmes. Bien souvent les gardiens témoigneront ne pas avoir eu besoin de déplacer la couche : le chien prend seul ses distances. Il trouve lui-même le lieu où il dormira finalement, et ce n’est pas forcément dans la chambre de ses adoptants, à leur grande surprise.

Une réponse sensible mais progressive aux besoins favorisera donc la sécurité émotionnelle et une meilleure confiance dans le monde et dans les gardiens. 

QUELQUES CONSEILS…
  • Routine apaisante avant le coucher : besoins naturels faits, calme, affection mesurée (ne pas avoir l’air de faire ses adieux au chiot avant la nuit 😉
  • Préparer un espace rassurant : couchage confortable, textiles doux avec odeur connue.
  • Dormir dans la même pièce au départ, puis éloigner progressivement le couchage vers l’endroit définitif ou attendre simplement que le chiot s’éloigne seul.
  • Répondre calmement aux pleurs, sans précipitation.

En cas de doute, souvenez-vous que les premières nuits ne construisent jamais une dépendance. Elles construisent une base relationnelle solide indispensable à la confiance.

SOURCES

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(mensuelle)

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