Chaque dimanche, je vous propose de décortiquer une forme d’agression canine pour mieux comprendre ce qui la déclenche, ce qu’elle raconte et comment l’apaiser.
Parce que plutôt que chercher à contrôler une réaction, il est souvent bien plus pertinent de savoir comment faire en sorte qu’elle ne survienne pas.
L’agression de possession
L’agression de possession est ici distinguée de l’agression de protection de ressources car les causes sont distinctes. Ici, le problème n’est pas la compétition, ni l’appauvrissement des ressources du chien. En effet, le chien va ramasser et accumuler des objets incongrus avec lesquels il n’a absolument aucun lien. Ces objets ne lui appartiennent pas (des bouchons, une paire de lunettes, un briquet, un portefeuille, des clefs, une chaussette, le jouet de l’enfant, un stylo, etc…). Le chien ne les ingère pas. Il les ramasse et les emporte dans sa niche ou son panier. À partir de là, il va les défendre, même contre ses humains d’attachement (à qui ces objets appartiennent parfois). Lorsqu’on veut reprendre l’objet, le chien s montre agressif allant parfois jusqu’à mordre.
Le problème est la plupart du temps lié au manque cruel d’activité. Le chien s’est fixé comme mission de récolter des objets et de les défendre. Comme il s’ennuie, il se donne pour travail de ramasser et de garder ce qu’il trouve. Parfois ce comportement répond à l’expression des patrons moteurs de ramassage et de garde présents chez certains chiens, parfois il répond au patron moteur de défense des biens de l’humain. Souvent, c’est un chien qui sort peu, voire pas du tout. Il n’a pas grand chose à faire de sa vie et ses patrons moteurs ne sont pas satisfaits. Le chien va alors se renforcer à chacune de ses trouvailles. Un comportementaliste saura vous indiquer s’il s’agit d’un comportement adaptatif lié au stress de l’ennui ou d’un trouble obsessionnel compulsif. Auquel cas, il faudra consulter un vétérinaire.
Quelle est conduite à tenir ?
- Sortir quotidiennement le chien de chez lui pour lui offrir des balades qualitatives (exploration, olfaction, locomotion non entravées, etc.).
- Satisfaire et encadrer les patrons moteurs concernés s’ils sont présents (cf. vidéo-conférence sur les patrons moteurs).
- Enrichir le quotidien en occupation autonome (mastication, léchage, repas motivants, quête alimentaire, détection, etc.).
- Ne plus rien laisser traîner par terre ou dans les meubles bas. Rangez ses affaires. 😉
- Ne jamais reprendre un objet sur lequel le chien a la tête posée ou qui se trouve dans son panier ou sous ses couvertures, en sa présence.
- Si le chien grogne, reculez, c’est la garantie de ne pas être mordu.
- Il est possible d’assouvir le patron-moteur de garde et de possession dans des jeux encadrés par l’humain où l’on apprendra au chien à prendre et à garder sur demande et à rendre de bon gré quand le travail est terminé.

