Typologie des agressions : L’agression d’autodéfense

Chaque dimanche, je vous propose de décortiquer une forme d’agression canine pour mieux comprendre ce qui la déclenche et comment l’apaiser.

L’agression d’autodéfense

C’est une agression liée à la sphère émotionnelle.

Le chien est coincé dans la peur, parfois intense, souvent conditionnée, mais c’est la colère qui provoquera l’agression.

La morsure peut être violente parce que le chien a atteint un degré de peur si élevé qu’il passe en mode autodéfense, en raison des signaux qui n’ont pas été respectés.

L’agression répond à une menace visible ou à une agression qui s’est répétée jusqu’à atteindre le seuil de non tolérance du chien, et sans qu’il puisse s’y soustraire.

Avant de mordre, le chien aura communiqué son dérangement par de nombreux signaux émotionnels clairs qui auraient pu éviter la morsure (halètements, tension du corps, pourléchages du museau, regards détournés, tête évitante, posture basse, tentatives d’évitement, etc.).

La séquence comportementale est logique.

C’est le cas typique du chien qui a peur d’un humain, mais ce dernier continue de le regarder, de lui parler, de le toucher, de le suivre…

Le chien exprime sa peur mais la gêne se poursuit malgré tout.

Il grogne et tente d’éviter la situation, mais l’humain insiste face au chien qui se retrouve dans une situation où il ne peut plus éviter l’interaction (dans un coin, un mur derrière lui, un espace étroit…).

Il y a contrainte, sentiment de piège, de danger imminent.

Le chien mord l’humain pour se défendre après fait tout ce qu’il fallait pour ne pas avoir à le faire.

Parfois, l’attaque sera différée.

Le chien se trouve dans un tel sentiment de menace qu’il va laisser son agresseur s’éloigner, puis le mordre violemment par surprise et de manière proactive, quand l’agresseur croit que tout est arrangé. L’agression différée fait partie des comportements d’adaptation face au danger ultime.

Il faut bien comprendre ici que du point de vue du chien (et du spécialiste en comportement), l’humain est l’agresseur et le chien, la victime : L’humain aurait du cesser l’interaction dès les premiers signes d’inconfort.

QUE FAIRE ?

  • Une prise en charge du chien sur ses difficultés face aux humains est nécessaire, même si de nouveau, la morsure ici est logique d’un point de vue comportemental. Toutefois, ce chien peut progresser sur sa gestion émotionnelle s’il est aidé correctement.
  • Une formation de l’humain sur les signaux émotionnels du chien, ses modes de communication et ses comportements s’impose.
  • Une meilleure gestion environnementale du chien devra être mise en place afin de le sécuriser au mieux.

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(mensuelle)

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