Il m’arrive souvent d’entendre des gardiens et gardiennes évoquer les changements d’humeurs de leur chienne en éducation ou rééducation.
Ils sont d’abord très enthousiastes car leur chienne est plus calme, affectueuse, posée… moins frustrée. Le phénomène dure, s’installe, assez pour faire croire à tout le monde qu’il va durer et que la chienne fait de réels progrès sur son autorégulation.
Déjà ici… je tempère toujours un peu… Les progrès peuvent être réels heureusement, mais ils n’apparaissent pas sous la forme d’un changement du jour au lendemain.
Par contre, quasiment du jour au lendemain, c’est un retour brutal à la réalité qui va s’imposer à eux : leur chienne redevient agitée et elle régresse dans les progrès qu’elle avait faits, même si en réalité, ils reviendront.
Dans ce cas de figure, il faut toujours se demander à quand remonte le dernier oestrus (= perte de sang avec ovulation). Car à partir de là, environ 60 jours plus tard, la chienne subit une chute hormonale tout à fait naturelle mais très perturbante.
Pourquoi ?
Parce que, qu’elle soit gestante ou pas, la chienne va être imprégnée de progestérone durant toute la période du metoestrus (qui correspond à la gestation). Cette hormone va la calmer, la rendre affectueuse et beaucoup plus patiente. Mais au bout d’un délai d’une soixantaine de jours, qui nous amène cette fois à la mise-bas, la chienne va devoir surmonter la chute vertigineuse de sa progestérone en parfois 24 heures.
Et c’est là que mes clients paniquent ou culpabilisent.
Et c’est là que la chienne a plus que jamais besoin de soutien.
Rarement les gardiens et gardiennes font le rapport avec les chaleurs démarrées deux mois avant.
C’est normal.
Mais désormais pensez-y… Si votre chienne est intacte, tenez un calendrier de son cycle menstruel. Ne vous faites pas avoir… Cette information vous rendra vous-même plus empathique et plus apte à faire face à ce changement d’humeur qui doit être accompagné d’un renforcement des mesures de gestion environnementale et d’une petite régression indulgente.
Toutes les chiennes n’y sont pas aussi sensibles.
Mais certaines le sont beaucoup.
Le savoir et s’y préparer, c’est déjà mieux connaître sa chienne, et encore mieux l’encadrer.