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L’angoisse de la visite chez le vétérinaire

Pour beaucoup d’entre nous – bien plus qu’on ne le pense – la perspective d’une consultation vétérinaire constitue une véritable épreuve en raison de l’anxiété du chien. Et la difficulté semble s’aggraver avec le temps, ce qui est logique quand on sait comment le chien fonctionne. Explications. 

L’anticipation

Très rapidement le chien se montre capable d’anticiper l’expérience aversive. Par association avec le comportement de sa.on humain.e, avec le parcours, les mouvements de la voiture dans les virages, ce qu’il voit défiler dehors, les odeurs quand il arrive dans le secteur. le chien sait déjà où il va. Résultat : son organisme commence à produire des hormones de stress (le cortisol) avant même d’être arrivé sur les lieux.  

La salle d’attente

C’est un moment vraiment pénible en raison de la déferlante olfactive et du mouvement. Des dizaines de chiens sont déjà passés par là, avec leurs propres angoisses et leurs émotions extrêmes. Dans l’immense majorité des cas, les chiens sont forcés de se croiser, parfois de très près. Les tensions sont donc fréquentes et participent à rendre la consultation encore plus difficile. 

La table d’examen

D’un point de vue éthologique, il est naturel pour un chien d’entrer en stress quand il s’agit de monter sur la table d’examen. Il perd le contact avec le sol, et donc le contrôle, face à une personne inconnue, et dans un lieux anxiogène. On lui demande de grimper sur une table (qui parfois va s’élever automatiquement) et de se laisser manipuler par cette personne qui porte sur elle les phéromones de peur de dizaines d’animaux. Il est normal qu’il se sente vulnérable ou qu’il se montre menaçant. Le risque d’accident est toujours augmenté par la non-considération des conditions environnementales. 

L’attitude humaine

Que ce soit celle du ou de la gardien.ne ou celle du ou de la vétérinaire, elles participent souvent à empirer l’état émotionnel du chien, extrêmement attentif aux postures, au ton des voix, aux gestes et modifications physiologiques. L’absence de patience, la précipitation et l’excitation sont à bannir. 

Que faut-il faire ? 
      • Visitez votre clinique sans aucun soin prévu. Entrez, recevez une friandise de la part de l’assistant.e vétérinaire et repartez, et ceci dès les premiers mois du chiot, avant tout vaccin. 
      • Le jour de la visite, parlez d’une voix douce et calme à votre chien. Ne surjouez surtout pas la joie. 
      • Informez-vous. Est-ce que le ou la vétérinaire prend le temps de discuter avec vous AVANT toute manipulation (afin que le chien s’habitue un peu à lui.elle) ou va-t-il-elle vous poser toutes ses questions pendant l’auscultation du chien, sans présentation préalable ? 
      • Si votre chien a déjà peur, attendez avec lui à l’extérieur de la clinique ou dans la voiture et demandez à être appelé.e par l’assistant.e lorsque le.la vétérinaire sera prêt.e. Expliquez-lui qu’il ne s’agit pas seulement du bien-être émotionnel de votre chien mais aussi de la sécurité du.dela praticien.ne durant la consultation. 
      • Apportez de bonnes friandises et demandez qu’elles soient distribuées à votre chien pendant que le ou la vétérinaire discute avec vous et aussi pendant la manipulation. 
      • Emportez au besoin un tapis réconfortant (car familier) et demandez que la consultation soit pratiquée au sol, sur ce tapis. 
      • Si votre chien est très anxieux, parlez-en à l’assistant.e AVANT le rendez-vous. Des compléments apaisants (comme certaines formulations à base de valériane, ou acides aminés L-théanine ou d’alpha-casozépine) peuvent parfois aider pour des troubles très légers. Mais dans les cas sévères, un traitement anxiolytique pourra être prescrit afin de ne surtout pas exposer le chien à une peur intense. 
      • Choisissez si possible une clinique connue pour travailler selon les principes « Fear Free » ou « Low Stress Handling ».
Qu’est-ce que c’est ? 

Cette philosophie de soin estime qu’il ne s’agit pas seulement de « soigner » mais aussi de ne pas rajouter de stress inutilement : 

      • Adaptation des lieux (ex : entrées d’un côté et sorties de l’autre, espaces étendus…). 
      • Limitation des temps d’attente.
      • Permission d’exploration de la salle d’auscultation.
      • Examen au sol quand c’est possible.
      • Utilisation de surfaces antidérapantes.
      • Réduction au strict nécessaire des contentions (sources de morsures).
      • Multiplication des pauses durant l’examen (le chien s’éloigne et revient spontanément vers le.la vétérinaire) et des récompenses.
      • Adaptation du rythme de la consultation à l’état émotionnel du chien.
      • Prémédication anxiolytique quand la peur est trop importante.

La plupart des cliniques vétérinaires ne sont pas du tout étudiées d’un point de vue éthologique. Rares sont celles qui proposent un espace vert à leur clientèle ou une salle dédiée aux chiens émotionnels. Dans l’immense majorité des cas, les chiens seront forcés de se croiser de très près. Renseignez-vous 👀

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(mensuelle)

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