Typologie des agressions : L’agression sexuelle

Chaque dimanche, je vous propose de décortiquer une forme d’agression canine pour mieux comprendre ce qui la déclenche, ce qu’elle raconte et comment l’apaiser.

L’agression sexuelle

Pour commencer, il n’y a agression sexuelle que s’il y a contrainte.

Il y a contrainte lorsque le chien ou la chienne sailli.e exprime son refus par la tension de son corps et/ou l’évitement et/ou l’agressivité.

La posture du chien non consentant sera basse. Sa queue restera rabattue sur ses organes génitaux pour les protéger et beaucoup de femelles protègeront leur zone génitale en s’asseyant en présence du chien agresseur. Elles sont souvent un excellent moyen de les repérer car elles vont rapidement exprimer la volonté de rester assise ou de s’assoir immédiatement à l’approche de ce chien. Très souvent, le chien non consentant cherchera la proximité de son humain.

Il n’y a pas de contrainte si le chien sailli reste détendu et si sa queue reste relevée, mâle ou femelle.

Il n’y a pas de raison d’intervenir alors, même entre mâles.

Évidemment, si une femelle est en oestrus et que la saillie n’est pas souhaitée, alors elle n’a rien à faire en présence de mâles entiers, c’est une question de bon sens. 😉

Ici, il faudra bien distinguer l’agression sexuelle d’un simple chevauchement contextuel de dominance ou de décharge émotionnelle ou de demande d’arrêt.

Comment ?

L’agression sexuelle est souvent un comportement répété et connu du gardien (parfois y compris à la maison). Il n’est pas contextuel ou environnemental. Le chien est excité car ses hormones sont en ébullition. Seulement, son gardien ne comprend pas ce qui arrive à son chien.

Le chien agresseur sera un mâle entier excité et frustré sexuellement, ce qui est très désagréable à vivre (son pénis est souvent sorti, il halète beaucoup, il donne des coups de bassin, les odeurs ont un impact énorme sur lui, il communique peu et ne s’intéresse qu’à l’arrière-train des chiens qui auront tendance à l’éviter…).

Ces comportements sexuels sont souvent observés chez les jeunes mâles, en pleine croissance, puis s’apaisent avec la stabilisation normale de l’activité hormonale à l’âge adulte et l’éducation (comme le fait d’opposer des limites à son chien et surtout d’agir en amont du comportement problématique).

Le chien concerné adoptera souvent d’autres comportements sexuels comme le marquage accru et/ou en hauteur, le dépôt insistant de phéromones au sol, le flehmen, la compétitivité exacerbée…

Le comportement de chevauchement est ici agressif (au contraire de celui de dominance ou de décharge émotionnelle ou de demande d’arrêt) : le chien agresseur va agripper très fort l’autre chien avec ses pattes avant afin qu’il ne puisse pas se soustraire à l’interaction.

Les chiens agressés seront souvent des femelles intactes ou des mâles castrés qui sentent la femelle (en raison du désordre hormonal provoqué par la castration). 

Quelle attitude adopter ?
  • Éviter toute projection ou interprétation malsaine. Les comportements sexuels intersexes ou intrasexes sont une chose banale dans le règne animal. Le plus important est d’observer l’autre chien. Est-il consentant ? Est-il évitant ? En fonction, se positionner.
  • Ne pas inhiber le besoin sexuel (d’origine hormonale) mais permettre au mâle de le satisfaire quotidiennement chez lui en le réorientant sur un coussin dédié, sa peluche, sa couverture…
  • En présence d’autres chiens, intervenir en amont en surveillant son chien afin d’éviter d’avoir à s’interposer ou de le tirer vers soi car le risque d’agression redirigée est présent.
  • S’interroger sur la gestion des balades, des rencontres et sur l’éducation du chien agresseur car un comportement ignoré par son gardien ou mal interprété par lui s’ancrera fortement chez son chien. Très souvent, le chien sexuel n’est pas suffisamment encadré car son comportement est mal compris.
  • Ne jamais compter sur les femelles ou les autre mâles pour « recadrer » ce chien. C’est à son gardien d’intervenir et de l’encadrer en balade.
  • Une régulation naturelle de l’activité hormonale des étalons est envisageable grâce à des complexes phytothérapeutiques efficaces à long terme. Cette éventualité est à étudier avec un professionnel du comportement à la suite d’une étude.
  • Attention, une grande majorité de vétérinaires conseillera tout bonnement la gonadectomie d’un tel chien. Or, il a été mis en évidence dans des études publiées que la castration ne supprimera pas forcément le comportement de harcèlement sexuel s’il est installé depuis longtemps, tout simplement en raison du pouvoir du renforcement positif. L’ablation des gonades n’a jamais fait perdre la mémoire du plaisir au chien hypersexuel. Par ailleurs, elle peut créer de l’agressivité là où il n’y en avait pas ou avoir des effets à court terme le temps que les androgènes de compensation abondent. Pour comprendre ce phénomène, prenez contact avec un professionnel.

Adhésion à la newsletter

(mensuelle)

Abonnez-vous à la newsletter de Cynoconsult pour recevoir les articles du blog et les actualités en avant-première.

Sélectionner une ou plusieurs listes :

Nous ne spammons pas !

0