Respirez… et surtout, rassurez-vous : c’est normal. Oui, vraiment… Le mordillement fait partie du développement naturel du chiot. Mais naturel ne veut pas dire “à laisser faire sans cadre”. Vous avez un rôle essentiel à jouer.
Pourquoi le chiot mord autant ?
Le chiot découvre le monde… avec sa bouche. Comme un bébé qui fait ses dents, il ressent un grand besoin de mâcher pour soulager ses gencives. N’oublions pas que c’est un canidé. Sa préhension ne peut se faire que par la gueule, contrairement au bébé humain qui voudra tout saisir dans ses mains. Ce détail d’importance explique aussi pourquoi le chiot mord tellement.
La période de mordillement commence rapidement à son arrivée et s’intensifie souvent vers 3 à 6 mois (âge de la perte des dents de lait). Mais peut durer au-delà si le comportement de mordillement a été renforcé sans le vouloir par la famille.
Et oui… vos mains, vos mollets, vos vêtements, vos meubles… peuvent vite devenir ses jouets de mastication préférés dans certains cas.
Qu’est-ce qui aggrave le comportement ?
Le mordillement est bien souvent encouragé, surtout en présence d’enfants, et surtout lorsqu’on a trop vite considéré qu’un chiot « c’est facile » et qu’on n’a pas demandé conseil.
- On lui a appris à jouer avec les mains, ce qui lui plaît beaucoup.
- On l’a repoussé quand il mord, ce qui le stimule davantage.
- On l’a excité en courant autour de lui (la spécialité des petits d’hommes ;-))
- On a crié, on s’est énervé à la morsure, ce qui l’excite encore plus.
- On a interagi avec lui alors qu’il n’était pas disponible ou déjà agité, ce qui est aggravant.
- Etc.
Le résultat est que le chiot apprend rapidement que vous mordre, non seulement lui fait du bien mais favorise le jeu avec vous (ou ce qu’il croit être du jeu). Il recommence et ancre cette manière d’entrer en interaction avec vous ou vos enfants.
Les cas fréquents
Il nous mord surtout le soir !
Très souvent en fin de journée, le chiot accuse la fatigue, le stress et l’inconfort dentaire. Et là, c’est comme avec un bébé, s’il est dans cet état, il s’agite, il déborde, il décharge ses émotions et son stress physiologique.
Il nous mord dès qu’on le touche !
C’est assez typique du chiot qui a déjà associé le contact et jeu par le mordillement. Ici, Il s’agit de reprendre les bases d’une interaction douce. “Jeu de main, jeu de vilain” : c’est une règle d’or. Même si c’est tentant, on n’utilise jamais ses mains comme jouet. Sinon, le chiot apprend que mordre la peau est normal… et ça, ça ne disparaît pas tout seul.
Il mord surtout les enfants !
Les enfants veulent jouer avec lui quand ils se lèvent ou rentrent de l’école. Ils le touchent (mordillement des mains), courent (mordillement des mollets), ils crient (sauts et mordillements des fesses)… Le chiot conditionne vite ses mordillement sur eux. Mais rapidement, ils finiront par l’éviter et le trouver beaucoup moins sympathique qu’à son arrivée. Ne soyez pas peinés, ce n’est pas une mauvaise chose. Cette distance est souhaitable au départ. Il est évidemment recommandé de ne pas attendre l’irritation des enfants pour encadrer et organiser les interactions entre eux et leur chiot.
Quelques conseils généraux
Rediriger systématiquement le chiot vers un objet adapté à ses dents (jouet de mastication « spécial chiot », corde à noeud bouillie et congelée, bois tendre, etc.).
Stopper immédiatement l’interaction via l’immobilité parfaite, en détournant un peu la tête tout en conservant un contact visuel clair avec lui. Le chiot comprend mieux que quiconque un regard qui dit « stop ».
Choisir le bon moment pour interagir car s’il est déjà excité, c’est peine perdue. Apprenez à identifier les temps calmes chez votre chiot (car il y en a) et privilégiez-les.
Favoriser er protégez son repos car il a besoin de 18 à 20 heures de sommeil par jour. On y pense peu mais les chiots qui vivent avec des enfants sont souvent plus agités, car perturbés dans leur sommeil. Or, moins il dort, plus il mord.
Proposer des activités qui développeront à la fois son bien-être, sa détente et son autonomie (mastication longue durée adaptée, léchage sur tapis en silicone, détection sur tapis de fouille, exploration naturelle, promenades adaptées…). Car comme le chien adulte, le chiot comblé dans ses besoins est plus calmes.
Mais attention, ce conseil de combler les besoins du chiot ne doit pas se transformer en suractivation du chiot. Vous vous en mordrez les doigts vous-mêmes. Trop de chiots sont en réalité surstimulés. Par conséquent, ils mordent beaucoup plus. Dans la même idée, on évitera les ordres de base (assis, donne la patte, couché..) qui ne servent à rien et empirent absolument tout.
Évidences
(mais tout ce qui va sans dire va encore mieux en le disant 😉 ).
Votre chiot ne cherche pas à “vous embêter”. Il peut se montrer vampirisant mais rien n’est personnel. À ce stade, il serait vraiment dommage de croire qu’il a déjà un problème avec vous ou avec vos enfants. Il apprend, teste, explore… avec les outils qu’il a : ses petites dents pointues qui font mal, c’est vrai. Votre rôle n’est pas de le punir quand il mord, mais de canaliser ce besoin, de le guider et de lui proposer des alternatives saines, naturelles, acceptables. Acceptez de modifier vos habitudes et vos réponses comportementales car bien souvent, elles sont au coeur de la problématique.
Enfin, ne considérez pas qu’accueillir un chiot est une évidence. Faites-vous aider. Plus vous saurez comment anticiper et comment répondre à ses comportements, plus il se sentira compris, sécurisé, encadré. Si vous vous sentez dépassé(e) par votre chiot, ne le vivez pas comme un échec, ni une preuve d’incompétence. À bien des titres, le chiot est difficile à accueillir. C’est simplement le bon moment pour demander conseil. Un accompagnement adapté peut vraiment faire la différence, pour vous comme pour lui, car le mordillement n’est qu’une des étapes à franchir parmi tant d’autres… le plus sereinement possible.